Nuit d'amour 

 

La douce nuit s'en est venue
Pour m'emmener auprès de toi,
Au bout d'un paradis perdu
Dans ton grand lit aux draps de soie.

J'ai voyagé les yeux fermés,
Porté par le chant de ta voix,
Pour m'échouer sur tes galets
Durs et lisses, gonflés d'émoi.

Je chevauche ta déferlante
Au gré des plus beaux alizés
Lorsque, sur ta peau ruisselante
se posent mes plus chauds baisers.

Et tu m'emportes tant je coule
Dans l'océan de ton corps nu.
Et je me débats dans ta houle,
Je suis bateau, je suis fétu.

Comme la mer tu te retires
Puis reviens, plus forte qu'avant.
Tu te cambres, tu te déchires
Puis tu te donnes en gémissant.

Et ton courant m'a emporté
Au fil de ta marée montante.
Dans l'inconnu me suis noyé
Au désir fou de ton attente.

Mais ta vague se gonfle encore
Pour la toute dernière étreinte
Lorsque, du profond de mon corps,
S'élève alors l'ultime plainte.

Alors, tout au bord de ta grève,
Comme d'un jeune arbre abattu,
Jaillit, en écume, ma sève
Que boivent tes nymphes repues.

 

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( extrait d'A l'ombre de mes rêves... )

 

 

 

 

 

 

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