La pécheresse

 

Quand ses grands yeux noirs se posaient sur elle,

Elle, toute timide, en rougissait.

Elle était si jeune et il le savait

Lui le vieux loup avide de pucelles.

 

Il avait le port, la grâce des gens bien,

Le verbe riche et la prose facile,

Pour lui elle était juste belle et docile,

Juste pour le plaisir...Salut, c'était bien.

 

C'était hier, tout au début du printemps,

Elle ouvrit son coeur, il prit son âme,

Sa jeunesse aussi en la faisant femme.

D'elle, il a tout pris mais lui donna l'enfant...

 

Laissez passer la jeune pécheresse

Rejetée par père et mère, bannie,

Abandonnée sur le chemin de la vie,

Laissez passer cette fille en détresse.

 

Elle est partie pour cacher sa faute,

La honte des siens, au pays là-bas

Où elle ne sera pas montrée du doigt

Pourvu qu'avec elle, un petit sanglote.

 

Le temps a passé et l'oubli est venu,

On n'entendit plus jamais parler d'elle,

Mais aujourd'hui une triste nouvelle

Gâcha la journée. Le vieux loup s'est pendu...

 

Mais aujourd'hui, là-bas, c'est très fièrement

Qu'une mère fête les épousailles

D'une fleur et d'un beau fruit de semailles,

D'un honneur volé au début d'un printemps.

 

 

                                       ( extrait d' Il est le temps d'aimer... )

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