L'affiche

 

Lorsque le jour s’en vient sur une nuit posthume,

Que le coq au clocher est perdu dans la brume,

La campagne endormie rêve encore de soleil,

Et le village, assoupi, doucement se réveille.

D’une fenêtre ouverte une odeur de bon pain,

Le boulanger s’active, un signe de la main

A la fille qui passe, la musique aux oreilles

Et qui s’en va courant, dans le chant des corneilles.

 

Jeune fille attention, le loup est de sortie,

Dans le bois d’à côté, il traîne son ennui.

 

Un tracteur est au champ pour de belles moissons,

La nature se surprend à rêver d’évasion.

Et elle court la fille aussi blonde que les blés

Comme court le temps qui s’enfuit à jamais.

Ses pas l’ont emmené du côté de la mare

Au plus profond des sentes que les herbes accaparent.

 

Le loup est au bois, il est là, il attend.

Quand le mal vous cherche, il vous trouve et vous prend.

 

Terminé le labeur, le tracteur est parti.

Au village se ferme la boulangerie.

Le coq, au clocher, se perd dans le couchant

Et s’en va le jour quand s’en vient le néant.

Quelque part on pleure, quelque part on crie

Et on cherche, on attend, un village s’unit,

Où est-elle partie cette blonde qui court ?

Qu’est-elle devenue ? On attend son retour.

 

Et on tremble, on a peur tant on craint le drame…

Sur l’affiche est écrit "on recherche cette femme".

Comme un mégot jeté qui, doucement s’éteint,

Une vie s’est arrêtée tout au bord du chemin...

 

                                          

                                                       ( extrait d' Il est le temps des roses... ) 

 

 

L’auteur parle...

 

J’ai écrit ce poème pendant les heures de rééducation de mon épouse au centre de Menucourt

( Val d’Oise )

 

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