Né pour te connaître

 

 

Né pour te connaître…

 

Poète résistant et porteur d’espérance,

A l’encre de ton coeur tu écris ‘ Liberté ‘.

Un hymne pour la vie au bout de la souffrance,

L’espoir d’un jour nouveau de paix et de fierté…

 

Es-tu de ceux qui ont, par les mots de leur plume,

Laissé la poésie aux mains des partisans ?

Un poème au maquis qu’une musique exhume..

Allez, peuples brimés, enfants agonisants !

Reprenez le flambeau que la chanson rallume !

De cette liberté, soyez les artisans !

 

 

 

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Paul Eluard ( 1895-1952 )

 

Eugène Émile Paul Grindel, dit Paul Éluard, est né à Saint Denis le 14 décembre 1895 et mort à Charenton-le-Pont le 18 novembre 1952 d'une crise cardiaque. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise.

Le gouvernement refuse des funérailles nationales.

L'écrivain robert Sabatier déclare : " Ce jour-là, le monde entier était en deuil."

En 1916, il choisit le nom de Paul Éluard, hérité de sa grand-mère, Félicie.

 

Entre-autres  Base de cet acrostiche  )

 On pense souvent à lui comme poète de la Résistance. Durant les années de l’occupation nazie, il est celui qui ne se résigne pas, qui n’accepte pas. Le sommet est atteint avec Liberté qui sera diffusé dans le monde entier en 1942. Paul Éluard est un porteur d’espérance.

Un poème de Paul Eluard : 

« Liberté »

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désirs
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.

 

Paul Éluard, Poésie et Vérité, Paris, Éditions de la main à la plume, 1942.

 

 

 

Commentaires (1)

Jean-Pierre Mallet
  • 1. Jean-Pierre Mallet (site web) | 07/03/2017
Cette liberté dont il écrit si bien le nom et ce grand poète en cet acrostiche si bien nommé Bravo Daniel!

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