Le drame d'une muse

Reneevivien

 Renée Vivien ( 1877 - 1909 )

 

 

Le drame d’une muse

( acrostiche )

 

Revivre un court instant un plaisir interdit

Et se laisser porter par l’onde libertine…

Noyer sa passion qu’un désir envahit,

Eternel féminin qu’une bouche butine…

En se perdant encor, de bonheur s’étourdit.

 

Vacillante est la muse au bout de ses conquêtes.

Image de la mort que cachent ses atours.

Vénus en sa beauté que l’alcool met en miettes,

Impossible absolu, son drame de toujours.

En posant sur son coeur ces quelques violettes,

N’entendez de ses vers qu’un chant de ses amours. 

 

 

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Renée Vivien, née Pauline Mary Tarn le 11 juin 1877  à Londres est morte le 18 novembre 1909 à Paris. Elle est enterrée dans le quartier où elle a vécu, au cimetière de Passy. Sa tombe est constamment fleurie, preuve que sa figure et son œuvre continuent de susciter une intense ferveur.

Entre autres ( base de cet acrostiche )

Elle vit une relation orageuse avec Nathalie Barney ( femme de lettres américaine ), qu'elle quitte, trouvant ses infidélités accablantes, refusant même, à son retour des États-Unis, de la revoir. Natalie, qui ne se résignera jamais à cette séparation, fera des efforts acharnés jusqu'à la mort de Renée pour la reconquérir. 

Elle a, en revanche, une liaison plus stable avec la richissime baronne Hélène de Zuylen ( écrivaine française ), mariée et mère de deux fils. Hélène lui apporte un équilibre émotif et une stabilité bénéfiques à sa création littéraire.

Plongée dans une dépression suicidaire, elle refuse de se nourrir convenablement, facteur qui finit par contribuer à sa mort dont elle a une image romantique. Lors de son séjour à Londres en 1908, dans un moment de découragement extrême et profondément endettée, elle tente de se suicider au laudanum après s'être allongée sur son canapé en tenant un bouquet de violettes sur son cœur. Après ce suicide raté, elle contracte une pleurésie qui la laisse affaiblie après son retour à Paris. Souffrant de gastrite chronique, due à des années d'abus d'alcool et d'hydrate de chloral, elle commence à refuser de s'alimenter. Au moment de sa mort, elle pèse à peine plus de 30 kilos. De multiples névrites lui paralysent les membres, elle se déplace, dès l'été 1909, à l'aide d'une canne. Elle meurt au matin du 18 novembre, âgée seulement de 32 ans. Son décès est attribué, à l'époque, à une « congestion pulmonaire », sans doute due à une pneumonie compliquée par l'alcoolisme, la toxicomanie et l'anorexie. Sa tombe, située non loin de celle de Natalie Barney, est constamment fleurie.

elle a été surnommée la « Muse des violettes », pour son amour de cette fleur (et de la couleur violette), 

Un poème de Renée Vivien :

 

Soir

La lumière agonise et meurt à tes genoux.
Viens, ô toi dont le front impénétrable et doux
Porte l’accablement des pesantes années :
Douloureuse, et les traits mortellement pâlis,
Viens, sans autre parfum dans ta robe à longs plis
Que le souffle des fleurs depuis longtemps fanées.

Viens, sans fard à ta lèvre où brûle mon désir,
Sans anneaux, — le rubis, l’opale et le saphir
Déshonorent tes doigts laiteux comme la lune, —
Et bannis de tes yeux les reflets du miroir…
Voici l’heure très simple et très chaste du soir
Où la couleur opprime, où le luxe importune.

Délivre ton chagrin du sourire éternel,
Exhale ta souffrance en un profond appel :
Les choses d’autrefois, si cruelles et folles,
Laissons-les au silence, au lointain, à la mort…
Dans le rêve qui sait consoler de l’effort,
Oublions cette fièvre ancienne des paroles.

Je baiserai tes mains et tes divins pieds nus,
Et nos cœurs pleureront de s’être méconnus,
Pleureront les mots vils et les gestes infâmes.
Des vols s’attarderont dans la paix des chemins…
Tu joindras la blancheur mystique de tes mains,
Et je t’adorerai, dans l’ombre où sont les âmes.

 

                 Etudes et préludes

 

Commentaires (1)

Mallet
Très bel acrostiche, ce n'est pas si facile de retracer en quelques mots la vie et les passions d'une Poétesse comme Renée Vivien que je connais bien, j'ai même obtenu en 2007 le Prix de Poésie Académique de l'Académie Renée Vivien.

Jean Pierre Mallet
Consul de La République de Montmartre

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