Charles Baudelaire

Le spleen du poète

 

Ce mal, profond en toi, délivre son venin,

Héritage mauvais d’une vie affligeante,               

Au bout d’une beauté d’éternel féminin,

Rongeant toujours ton corps en ta lutte incessante.

Les fleurs du mal seront, en ton coeur libertin,

Eternelle douleur, passion chancelante,

Sensuelle souffrance au tragique destin.

 

Bravant les interdits jusqu’au lit du supplice,

Amers sont les plaisirs et les péchés de chair,

Une drogue perverse au fond de ton calice,

Désespoir et révolte en une vie éclair.

Espérance pourtant d’un idéal complice,

Libère tes écrits d’un chant pour l’univers

Aux rêves, dans ton vin, jusqu’au moindre délice.

Incompris, censuré, condamné pour tes vers,

Reconnu seras-tu, dès l’heure salvatrice ?

Encor faut-il qu’un dieu te sorte des enfers !

 

 

 

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Charles-Pierre Baudelaire, né à Paris le 09 avril 1821 est décédé dans la même ville le 31 août 1867 à 46 ans, rongé par la syphilis. Il est inhumé au cimetière du Montparnasse à Paris ( 6ème division ).

Entre autres :  ( base de cet acrostiche )

En 1843, il découvre les « paradis artificiels ».

Il pratique l’opium, prescrit pour combattre des maux de tête et des douleurs intestinales consécutives à une syphilis,  probablement contractée vers 1840 durant sa relation avec la prostituée Sarah la Louchette. Cette accoutumance lui fait augmenter progressivement les doses. Croyant y trouver un adjuvant créatif, il en décrira les enchantements et les tortures.

Moins de deux mois après leur parution, Les Fleurs du Mal sont poursuivies pour « offense à la morale religieuse » et « outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs ». Seul ce dernier chef d’inculpation sera retenu. Baudelaire est condamné à une forte amende de trois cents francs, réduite à cinquante par suite d’une intervention de l'Impératrice Eugénie.

Lors d’une visite à l'église Saint-Loup de Namur, Baudelaire perd connaissance. Cet effondrement est suivi de troubles cérébraux, en particulier d'aphasie À partir de mars 1866, il souffre d’hémiplégie. Il meurt, rongé par la syphilis, le 31/08/1867 à onze heures du matin. 

Un poème ( sonnet ) de Charles Baudelaire :

Le revenant

 

Comme les anges à l'oeil fauve,
Je reviendrai dans ton alcôve
Et vers toi glisserai sans bruit
Avec les ombres de la nuit,

Et je te donnerai, ma brune,
Des baisers froids comme la lune
Et des caresses de serpent
Autour d'une fosse rampant.

Quand viendra le matin livide,
Tu trouveras ma place vide,
Où jusqu'au soir il fera froid.

Comme d'autres par la tendresse,
Sur ta vie et sur ta jeunesse,
Moi, je veux régner par l'effroi.

 

Extrait de: 

Les fleurs du mal (1857)

 

 

Commentaires (2)

LILI148
  • 1. LILI148 | 19/01/2017
Encore un grand bravo, Daniel, Baudelaire,ça nous rappelle notre enfance
Bises
LILI
Mallet Jean-Pierre
  • 2. Mallet Jean-Pierre (site web) | 16/01/2017
Encore un très bel acrostiche dans le profil du Poète. En alexandrins la prosodie est respectée ce qui constitue une double difficulté. Bravo Daniel! Jean-Pierre Mallet (Consul de la République de Montmartre)

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