Charles Baudelaire

Le spleen du poète

 

Ce mal, profond en toi, délivre son venin,

Héritage mauvais d’une vie affligeante,               

Au bout d’une beauté d’éternel féminin,

Rongeant toujours ton corps en ta lutte incessante.

Les fleurs du mal seront, en ton coeur libertin,

Eternelle douleur, passion chancelante,

Sensuelle souffrance au tragique destin.

 

Bravant les interdits jusqu’au lit du supplice,

Amers sont les plaisirs et les péchés de chair,

Une drogue perverse au fond de ton calice,

Désespoir et révolte en une vie éclair.

Espérance pourtant d’un idéal complice,

Libère tes écrits d’un chant pour l’univers

Aux rêves, dans ton vin, jusqu’au moindre délice.

Incompris, censuré, condamné pour tes vers,

Reconnu seras-tu, dès l’heure salvatrice ?

Encor faut-il qu’un dieu te sorte des enfers !

 

 

Charles Baudelaire

( 1821 - 1867 )

 

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Commentaires (2)

LILI148
  • 1. LILI148 | 19/01/2017

Encore un grand bravo, Daniel, Baudelaire,ça nous rappelle notre enfance
Bises
LILI

Mallet Jean-Pierre
  • 2. Mallet Jean-Pierre (site web) | 16/01/2017

Encore un très bel acrostiche dans le profil du Poète. En alexandrins la prosodie est respectée ce qui constitue une double difficulté. Bravo Daniel! Jean-Pierre Mallet (Consul de la République de Montmartre)

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