Le Poète Instituteur ( primé )

2ème Prix d'EVELYNE 2021

13ème Concours International LES CORDEES

 

 

Le Poète Instituteur

 

Retrouver un moment le temps de ton enfance

Et par ton chant d’amour se laisser emporter.

Ne vivre que du vent, ce porteur d’espérance ;

Ecoutez-le bruire un air de liberté !            

 

Garder au fond du coeur une candeur profonde,

Un peu de nostalgie, en ces temps de fureur ;

Y croire et le vouloir ! Pour ta plume féconde,     

 

Châteaubriant te fut une scène d’horreur !

A ces hommes tombés chante ta poésie

Dans un cri déchirant à briser les enfers.

Où que brille en le ciel ton étoile choisie,

Une odeur de tendresse parfume encor tes vers.             

 

 

 

 

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René - Guy Cadou

( 1920-1951 )

«  Toute poésie qui coule de source, se jette dans la mer, tend à rejoindre l’universel. « 

 

 

 

René Guy Cadou était breton, né le 15 février 1920 à Sainte-Reine de Bretagne, dans la Loire-Atlantique. 

Emporté par la maladie, il est mort à Louisfert (Loire-Atlantique, près de Chateaubriant) le 20 mars 1951.

A Clisson en 1943, il avait rencontré Hélène, devenue dès lors l’immense amour de sa vie.

Il composera un nombre considérable de poèmes jusqu'en 1951, quand la maladie finit par l'emporter à 31 ans.

René Guy Cadou est inhumé dans la même tombe que ses parents, au cimetière de la Bouteillerie à Nantes.

René Guy Cadou nous a quittés un 20 mars, premier jour du printemps ; Hélène l'a rejoint un 21 juin, premier jour de l'été.

Entre autres ( base de cet acrostiche ) :

il vit une enfance heureuse. Il grandit dans une ambiance de préaux d’écoles, de rentrées des classes, de beauté des automnes, de scènes de chasse et de vie paysanne qui seront plus tard une source majeure de son inspiration poétique. La nostalgie de Sainte-Reine et de cette enfance terrienne, végétale et heureuse hantera plus tard sa poésie lyrique.

Le 22 octobre 1941, alors que René Guy Cadou se rend à bicyclette à l’école de Saint-Aubin--des-Châteaux, où il enseigne, il croise les trois camions bâchés qui roulent vers la carrière de la Sablière à Châteaubriant transportant les 27 otages qui seront fusillés quelques instants plus tard. Les poèmes de Pleine Poitrine s’ancreront sur cet épisode de ce qu'il appelle « la barbarie nazie », pour revendiquer dans le ton si personnel de la poésie de Cadou, la  liberté, l'amour, la fraternité des hommes…

Un poème de René-Guy Cadou :

 

Les fusillés de Châteaubriant

 

Ils sont appuyés contre le ciel

Ils sont une trentaine appuyés contre le ciel

Avec toute la vie derrière eux

Ils sont pleins d'étonnement pour leur épaule

Qui est un monument d'amour

il n'ont pas de recommandations à se faire

Parce qu'ils ne se quitteront jamais plus

L'un d'eux pense à un petit village

Où il allait à l'école

Un autre est assis à sa table

Et ses amis tiennent ses mains

Ils ne sont déjà plus du pays dont ils rêvent

Ils sont bien au-dessus de ces hommes

Qui les regardent mourir

Il y a entre eux la différence du martyre

Parce que le vent est passé là ils chantent

Et leur seul regret est que ceux

Qui vont les tuer n'entendent pas

Le bruit énorme des paroles

Il sont exacts au rendez-vous

Il sont même en avance sur les autres

Pourtant ils disent qu'ils ne sont pas des apôtres

Et que tout est simple

Et que la mort surtout est une chose simple

Puisque toute liberté se survit.

 

Pleine Poitrine (1946) In Œuvres poétiques complètes, © éd. Seghers

 

 

 

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