Le Poète inconnu...

 

Le poète inconnu… 

 

Tu voulais devenir ce marin solitaire

Revenant à son port y chercher de l’amour…

Illusion déjà, début d’un long calvaire,

Si seul pour faire face à ton mal chaque jour !

Torturé jusqu’à l’âme… une existence amère…

Avec une maigreur à ne pas peser lourd !

Noir était ton destin et laide ta galère.                                                   

 

Cynique constamment, incisif en tes mots,

Osant te démarquer par ta plume en colère,

Ravagé de douleurs, rongé par mille maux,

Brûlant de mille feux que ta rime lacère,

Incompris, mal aimé jusqu’au fond du caveau,

En Verlaine, ton nom et ta prose en lumière,

Reconnu tu seras, toi qui partis trop tôt

Emportant dans tes bras un bouquet de bruyère.

 

 

 

Corbiere tristan

 

 

 

Tristan Corbière est né le 18/07/1845 à Morlaix ( Finistère ). Il est décédé dans la même ville le 01/03/1874 à 29 ans. Il est enterré au cimetière Saint-Augustin.

Il est l'auteur d'un unique recueil poétique ‘ les Amours jaunes ‘ et de quelques fragments en prose.

Tristan Corbière mène une vie marginale et miséreuse, nourrie de deux grands échecs dus à sa maladie osseuse  et sa "laideur".

Entre autres ( base de l'acrostiche )

Son écriture poétique est caractérisée par l'abondance de sa ponctuation, son manque de polissage, et son anti-musicalité, le tout rendant un aspect heurté et brut, d'abord perçu comme une impuissance à mieux faire, mais reconnu plus tard comme une déstructuration volontaire du vers (« cassant, concis, cinglant le vers à la cravache »)

Le poète qui rêvait d'être marin ne put satisfaire son désir de courir les mers, malgré son amour passionné pour celle-ci.

À la publication en 1873 de son unique œuvre,  il passe totalement inaperçu dans les milieux littéraires de son époque, et il faudra attendre dix ans pour que Paul Verlaine le révèle au grand public dans son essai Les Poètes maudits.  Il meurt à 29 ans, célibataire sans enfant et sans travail retranché dans son vieux manoir breton, incompris de ses contemporains (« Ah, si j'étais un peu compris ! »), et dont la poésie novatrice ne sera reconnue que bien après sa mort.

Il n'a connu qu'une vie de solitude, brève et misérable, constamment atteint dans sa chair par la maladie, malheureux en amour, englué dans une passion unique et sordide ; sans doute, au figuré, la mer fut-elle sa véritable épouse. Le temps a rendu le poète à la lumière, et reconnu, bien tard, son talent.

Un poème de Tristan Corbière :

Petit mort pour rire

Va vite, léger peigneur de comètes !
Les herbes au vent seront tes cheveux ;
De ton oeil béant jailliront les feux
Follets, prisonniers dans les pauvres têtes...

Les fleurs de tombeau qu'on nomme Amourettes
Foisonneront plein ton rire terreux...
Et les myosotis, ces fleurs d'oubliettes...

Ne fais pas le lourd : cercueils de poètes
Pour les croque-morts sont de simples jeux,
Boîtes à violon qui sonnent le creux...
Ils te croiront mort - Les bourgeois sont bêtes -
Va vite, léger peigneur de comètes !

 

 

 

 

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