A l'ombre du grand chêne

 

Il venait chaque jour à l'ombre du grand chêne,

S'asseoir auprès de lui, les yeux sur l'horizon,

Là-bas où tout commence et s'effacent les peines. 

Ici les jours sans elle ont le goût de prison.   

      

De chaque jours passés, il en faisait l'histoire

Qu'il venait lui conter, la cherchant dans les cieux.

Elle était si présente, au fond de sa mémoire,

Qu'il entendait son rire en le vent malicieux.

 

Il restait là longtemps, tel un radeau sans voiles

Qui attend, pour partir, que vienne la marée

Pour aller la chercher dans l'océan d'étoiles

Et vivre en communion leurs âmes séparées.

 

Puis le temps a passé en les mornes saisons,

Lui laissant dans le coeur des blessures profondes

Et des rides au front quand se perd la raison

Tout au bout d’un chemin, au bord de l’autre monde.

 

Alors il est venu, à l’ombre du grand chêne,

Dans la douceur d’un soir, s’allonger près de lui.

Puis il s’est endormi, apaisé et sans haine

Pour celle qui déjà l’emportait dans la nuit.

 

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Commentaires (1)

CATHY PERRONNET
  • 1. CATHY PERRONNET | 03/12/2015

Ce poème est particulièrement beau, profond et émouvant. Merci pour ce moment.

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